Un voyage inspiré du film de Fédérico Fellini
Une écriture de Tullio Pinelli, Bernardino Zapponi
D'après l'adaptation française de Bernard Rosselli
Mise en scène, Jean-Paul Wenzel.

- le village 81140 VAOUR -
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Brioux (79) "Festival au village",à Brioux sur Boutonne
Le 1,2 ,5 et 7 juillet 2006.
Billetterie : 05.49.27.57.95.
festivalauvillage@free.fr
Strada zampanos michel gibe
Vaour (81), Eté de Vaour, 2 et 3 août 2005
Lausanne, Suisse, Théâtre-Vidy, du 8 au 25 septembre 2005
Montpellier (34), Le Printemps des Comédiens, 7,8 et 9 octobre 2005
Auch (32), Circa, 22, 23 octobre 2005
Sauveterre (31), Pronomade(s) en Haute-Garonne, 3 et 4 novembre 2005
Elbeuf (76), Cirque-Théâtre, 17,18, 19 et 20 Novembre 2005
Combs-la-ville (77), Le Sénart, 30 novembre, 1 et 2 décembre 2005
Un voyage inspiré du film de Fédérico Fellini
Une écriture de Tullio Pinelli, Bernardino Zapponi
D'après l'adaptation française de Bernard Rosselli
Mise en scène, Jean-Paul Wenzel.
un cheval tractait un plateau tournant.
Au centre de ce plateau, des humains se débattaient pour essayer de donner du sens à leur vie....Autour de ce cercle, d'autres humains s'étaient rassemblés comme s'ils éprouvaient l'envie de s'y réchauffer. A l'extérieur de cette succession de cercle... je ne me rappelle plus mais il me semble que c'était rond. Nous avons toujours envie de bouleverser, susciter des émotions fortes, provoquer le retour aux origines, à l'enfance, point à partir duquel tout est possible. Emmener les gens loin de leur logique habituelle, de leurs soucis quotidiens, dans un état de sensibilité amoureuse, leur redonner la force d'un premier baiser, le frisson du premier contact charnel. Pouvoir susciter ce sentiment que rien n'est acquis, rien n'est construit, tout peut se faire différemment. Donner au public cette force de reconstruction, de remise en question de l'humanité. Le spectacle est un outil fabuleux pour provoquer une réflexion individuelle, pour questionner notre manière d’exister.
Photo : Mario Del Curto
mis en scène par Jean-Paul Wenzel, présenté en rond, par 12 acteurs (circassiens, comédiens, musiciens) et une vingtaine d'animaux de la ferme. Nous évoluons sur une scène tournante proche du sol, sous un chapiteau circulaire de 28m. de diamètre avec une jauge de 500 places.
Photo : Mario Del Curto
Notre direction de travail avec les animaux exclut toute démonstration de domination de l'homme sur l'animal, les animaux participent au spectacle en tant que compagnons de scène et acteurs.
Nous évoluons à partir du texte de Tullio Pinelli, co-auteur avec Fellini du scénario de La Strada. Chez Pinelli, c’est le cirque Giraffa qui raconte l’histoire, avec ses jongleurs, acrobates, trapézistes, écuyères et bayadères. C’est une évocation de Zampano, Gelsomina, du Fou. Les artistes du cirque réinventent leurs relations, leurs dérives. On assiste alors à une reconstitution poétique de ces figures plutôt qu’à une représentation de leur drame dans sa continuité.
Photo : Christian Bès
Les histoires que nous avons toujours eu envie de raconter, ce sont les nôtres, celles de gens simples.
Photos : Christian Bès
est une épopée qui n'a de but que la survie, une tragédie de " petites gens " tout à fait contemporaine, elle met le focus sur le parcours d’un personnage individualiste, peu sensible à son entourage et fort de son pouvoir d’achat. Aveuglé par la conviction profonde qu’il maîtrise son destin… n’est ce pas d’actualité ?
Zampano affirme :
" Sans moi, tu serais morte de faim. Et chez toi aussi, tes frères et tes soeurs, sans mon argent, ils seraient morts de faim...
Moi , je pense en fonction de mon ventre que je dois remplir chaque jour ; voilà à quoi je pense ! A quoi veux-tu que je pense d’autre ? "
Photo : Mario Del Curto
Alors, comme une évidence oubliée, “La Strada“, histoire d’hommes et de femmes en suspension dans l'univers, qui passent en assumant tant bien que mal leurs vie, s’est imposée à nous.
Gelsomina ? Zampano ? Le fou ? Monsieur Giraffa ? Nous sommes comme eux, des gens qui tentent tant bien que mal d’assumer nos passions, nos rêves avec ce que la vie nous offre et avec ce que nous lui arrachons. Leur histoire, c’est la nôtre. Leur vie, c’est notre vie, c’est notre humanité.
Et puis, comme eux, nous sommes des gens de passage.
Michel GIBE Directeur Artistique de la Cie Zampanos
Auteur, acteur, metteur en scène et directeur avec Arlette Namiand de DORENAVANT CIE depuis Février 2003. Co-directeur avec Olivier Perrier du CDN Les Fédérés à Montluçon de 1985 à 2002.
Comédien : Formé de 1966 à 1969 à l’Ecole Nationale du TNS. A joué avec les metteurs en scène : Robert Gironès, Peter Brook, Philippe Goyard, Michel Raskine. Et au cinéma avec : René Allio, Gisèle Cavali, Aki Kaurismaki, Gérard Blain;
Ce que m’inspire avant tout La Strada, au -delà de la fable sociale dont rendait compte le film néo-réaliste de Fellini, c’est son caractère archaïque, un conte comme ceux de Grimm qui font ressurgir en nous un flot de terreurs enfantines, un conte sur « l’enfance de l’homme » où Gelsomina incarnerait notre part irréductible d’innocence, de pureté, tandis que Zampano incarnerait notre être sauvage, quasi-animal, indomptable et indomptée, « couple » maudit, magnifique, dévasté, inapte à articuler son destin, à déchiffrer cette grammaire du néant social où ils se tiennent. Il est un homme qui les voit, un funambule qui, même s’il marche entre terre et ciel, connaît cette grammaire et en use, c’est le Fou. Il sait qu’il fascine Gelsomina (c’est l’ange qui danse dans le ciel, dans le vide). Il sait sans doute qu’en lui apprenant à jouer de la trompette il l’entraîne hors du champ d’influence de Zampano, il sait aussi qu’en se moquant de lui, il convoque en retour sa bestialité, sa violence.
Ce qui me touche dans cette histoire, c’est précisément cette poésie des êtres comme une page blanche contre laquelle viendrait inexorablement buter la mécanique du destin, quelque chose qui relèverait du secret des hommes, leur face oubliée, cachée, obscure, indicible… notre petite musique, comme celle, entêtante que joue Gesolmina.
Quand Michel, Annie et Suzy m’ont parlé d’un chapiteau, de la présence d’animaux, quand ils m’ont montré leur travail préparatoire (une énorme jument blanche tractant le plateau tournant, une poule qui attaque la mère de Gésolmina lorsqu’elle lui retire l’un de ses poussins, Boudu le chien noir, faisant, une lanterne dans la gueule, le tour de la piste dans le chapiteau éteint pour marquer les ellipses, ou encore l’idée d’un funambule marchant tête en bas sur le fil…), j’ai aussitôt pensé que tout était là pour créer une poétique singulière à partir de la Strada, qui renverrait le film de Fellini, l’espace de la représentation, au fond commun de notre mémoire lointaine.
Et puis je voudrais dire aussi qu’il y a dix ans, j’ai écrit une pièce La Fin des monstres, que j’ai mis en scène sous un chapiteau à Avignon. Elle racontait en première lecture la chute d’un petit cirque familial d’Europe de l’Est, en seconde lecture on pouvait y voir la métaphore de la fin d’un art poétique qui faisait lien, communauté, au profit de sa marchandisation, qui délie et renvoie l’art du cirque ou du théâtre, l’art vivant, à une identité de produit consommable, on dit produit culturel. En troisième lecture, plus souterraine, on pouvait y voir me semble-t-il là aussi, quelque chose de l’enfance de l’homme, sa part inaltérable.
Ce qui me rapproche secrètement de l’aventure de la Strada et des Zampanos.
Jean-Paul Wenzel
Photos : Christian Bès
une quarantaine de répétitions, les hésitations, les doutes, le travail, les pépins, les enthousiasmes.
Des jours et des nuits avec les comédiens, musiciens, techniciens avec les animaux aussi.
J'ai vu la Strada à Vaour (tarn) : 1072 spectateurs ; à Vidy Lausanne (5 995 spectateurs). Dans les gradins, j'ai côtoyé des étudiants, des cadres bancaires, des agriculteurs, des mamies pomponnées. Ceux ou celles emplis des souvenirs du film, ceux pour qui Fellini et les années 50 sont déjà la préhistoire.
J'ai vu au fil des représentations des rires se muer en larmes, l'émotion prendre le pas sur la curiosité et les costauds, les pudiques à la sortie, chercher à chuchoter un mot à l'oreille d'impatiente l'imposante jument, ou à caresser le dindon comme pour vérifier qu'il est "pour de vrai".
Je sais maintenant que le public sera le même partout en Sicile ou en Reyjavik car la Strada, Histoire de brutalité et de tendresse, de (sur) vie et de mort éveille ou réveille ce que tout être humain tient caché dans ses tréfonds à une époque ou le "paraître " et le cynisme semble être la nécessaire béquille d'une civilisation à la dérive.
Un Mélodrame la Strada ?
Gérard Le Got Eté de Vaour, le 26/09/05
Photos : Mario Del Curto
Direction artistique : Michel Gibé et Jean Paul Wenzel.
Mise en scène : Jean Paul Wenzel.
Acteurs :
Nolwenn Le Du : Gelsomina.
Laurent Chouteau : Zampano.
Thibault Vinçon : le Fou.
Hélène Hudovernik : la Putain, la Nonne, la Bayadère, la Jeune Femme 2.
Frédéric Kunze : le Marié, un Voyou, le Bouvier.
Benoît Calaret : le Jongleur, un Voyou.
Annie Gibé : la Mère, la Veuve, la Grande Dame.
Michel Gibé : Colombaïoni, le Bouvier.
Suzy Gibé : la Cavalière, la Jeune Femme 1, la Trapéziste.
Musiciens :
Florent Maton : violon et autres instruments.
Patrick Fournier : accordéon.
Didier Castelle : saxophone.
Création musique : Florent Maton.
Création et régisseur son : Philippe Tivillier.
Création costumes : Cissou Winling.
Réalisation costumes : Cissou Winling, Catherine Sardi et Christine Thepenier
Création lumière : Pierre Gaillardot.
Régisseur lumière : Didier Castelle.
Régisseur plateau : Fredéric Kunze.
Scénographie : Michel Gibé.
Education des animaux : Suzy Gibé
Crédit photo : Mario Del Curto, Christian Bès, Nicolas Combet.
Les Animaux : Boudu : le chien ; Impatiente : la jument ; Pagode: la vache; Vivi : l'oie; Hector : le dindon ; Alfred : le coq ; autres poules, poussins, et canards.
Photos : Christian Bès
Production : Zampanos
Coproductions : Dorénavant Cie Jean-Paul Wenzel ; L’Eté de Vaour ; Théâtre des Salins, scène nationale de Martigues ; Circuits, scène conventionnée d'Auch ; Cirque-Théâtre d'Elbeuf, centre régional des arts du cirque ; Pronomade(s) en Haute-Garonne, scène conventionnée pour les arts publics.
Subventionné par : Minstère de la Culture et de la Communication : Direction de la Musique, de la Danse, du Théâtre et des Spectacle. Préfecture de région DRAC-Midi-Pyrénée ; Conseil régional Midi-Pyrénées ; ADAMI ; SPEDIDAM.
Avec le concours de : Théâtre Vidy-Lausanne, Les Colporteurs ; Le Printemps des Comédiens ; La coupole, scène nationale de Combs la Ville ; La Mairie de Vaour ; Le Cirque Equestre PAGNOZOO.
Remerciements Strada
Bernard Rosselli, Odile Lucier et Tom, Liliane Pean, Pélagie Pfend, Magid Bergeron, Hans Kunze, Marinette Jullien, Pierre Jutisz, Brigitte Bessodes, Manuel Chesneau, Mireille Brunet, Hélène Icart, Arlette Namiand, Djémila-Capucine Benhamza, Antoine et Agathe, Mao et Léonore, Gérard Le Got, Yvan et Cheryl, Natacha Mustiere, Bernard Rosselli, Paul Rodriguez, Alain Griez, Daniel Deleporte, Didier Maffre, Anne Capelle, Patricia Vial, Nicolas Combet, Branlo et Nigloo, Victor, Christèle Dugua, Sébastien Gastaldi, Stephan Besnard, Hélène Icart, Lou Wenzel, Fred Vaesen, Olivier Perrier, Isabelle Lesouef, Boris Gibé, Bernard Saderne, Hugo Oudin, Ludovic Bulcourt, Christian Bès, David Vuillemenot, Kasia Perdek, Bernard Quental, Rodolphe Chazeray, Philippe Hareng, Patricia, Elise, Marc Marin, Véronique, François, Catherine Samuel de la médiathèque, Laurent Lureau, Fan Virolle, Le Festin-CDN de Montluçon, tous ceux qui ont écrit des cartes d'invitations à la médiathèque de Vaour, les écoles primaires de Vaour-Penne-Cordes, Cabinet vétérinaire de Nègrepelisse…Mario Del Curto, Jean-Pierre Lestournet.
Et tous ceux que nous n'avons pas mentionnés mais que nous n'oublions pas…
Un spectacle magique et tendre.
S’il fallait ne garder qu’une seule image… ça ne serait pas chose facile. Pas évident de trouver ce qui nous touche, émerveille, surprend, séduit, enchante, étonne ou émeut le plus dans « La Strada ». Hier soir, sous le chapiteau de la place du Champ-de-foire, la première des quatre représentations a séduit le public. Autour de Gelsomina et Zampano, un fou, une veuve, un voyou, une nonne, une prostituée, des saltimbanques illustrent l’histoire de deux solitudes qui se cristallisent dans une existence misérable. Des acteurs – mais aussi acrobate, musicien, jongleur, funambule – et une kyrielle d’animaux, poules, oies, cheval, vache,et chien qui participent eux aussi, à la magie et ajoute à « La Strada » une poésie, une tendresse et un humour qui adoucissent la dureté de la fable. Paris Normandie du 19 novembre 2005
Théâtre Vidy ouvre sa saison avec « La Strada »…
Traversée fellinienne au cœur de l’âme humaine.
…Cinquante ans après, ce conte qui semble comme sommeiller aux confins de notre inconscient a gardé toute son acuité. Et c’est avec émotion que l’on découvre aujourd’hui cette création-fille, entre théâtre et arts du cirque.
Cruelle, cette fable l’est dès les premiers instants, lorsque la pauvrette Gelsomina est vendue par sa mère à Zampano, un forain sans talent ; Dans les griffes de cette brute humaine, qui brise des chaînes avec les pectoraux pour gagner sa vie, la douce enfant demeurée apprend la dureté de l’existence, la servitude, les abus corporels. Les joies et la magie du cirque, aussi. Entre cruauté et poésie, se dessine l’itinéraire de ces deux êtres en quête d’un ailleurs. Et tournoient joyeusement autour de ce couple maudit enfants de la balle et autres petites gens. La scénographie inventée par Michel Gibé – une scène tournante et tractée par la roulotte du personnage ou par un cheval de trait – insuffle avec lyrisme l’émotion du voyage, de la route sinueuse et incertaine. Une trouvaille d’une grande force visuelle. …Les numéros de cirque, les airs d’accordéon et de violon ainsi que les apparitions animalières accompagnent avec délicatesse le récit,…S’impose surtout au spectateur la qualité de jeu de Laurent Chouteau (Zampano) : il est tout simplement d’une acuité féroce. Et d’une humanité extrême, quand tout à coup, face à la tragédie, l’image du rustre se craquelle et laisse échapper la douleur en toute impudeur. Et la fable d’éclater alors comme la métaphore de notre dualité archaïque, où comme le note Jean-Paul Wenzel le metteur en scène, « Gelsomina incarnerait notre part irréductible d’enfance et de pureté, tandis que Zampano incarnerait notre être sauvage, quasi animal et indompté » L’un et l’autre peuvent-ils encore s’apprivoiser ? Anne-Sylvie Sprenger Vidy Lausanne 24 Heure du 9 septembre 2005.
« La Strada » un Fellini bestial à Vidy.
En ouverture de saison, le théâtre de Vidy Lausanne accueille une adaptation foraine du drame de Fellini, jouée sous un chapiteau de cirque.
Pari osé que celui-ci, qui insuffle de nouvelles couleurs à cette bohème en noir et blanc de 1954… Il fallait au moins la sensibilité de Jean Paul Wenzel, propagateur d’un théâtre des petite gens au seins des Fédéré de Montluçon, pour tenter cette relecture en vase clos. Et l’imaginaire nocturne de Michel Gibé, père de cette famille bigarrée, pour dessiner en rêve ce plateau rotatif, roue de la fortune actionnée par les cahots du drame.
Circonscrite à cette géographie concentrique, la dérive picaresque imaginée par le cinéaste italien tourne sur elle-même avec la circularité d’une malédiction... Le forain brutal ressasse inlassablement le même tour de force. Celui d’un éternel captif, entravé par ces chaînes qu’il brise à grand fracas sur les places villageoises.
Fable de l’innocence, conte de la folie ordinaire, le scénario de Fellini s’accorde à merveille avec ce décor de cirque rural. Là, sur cette piste-matrice à la lumière franche, les numéros d’équilibristes, de jongleurs, de musiciens et de cracheurs de feu se succèdent sans brider le drame, et le public Lausannois applaudit Zampano comme si ses prouesses foraines lui étaient destinées… Nicolas Juillard – Le Temps du 15 septembre 2005.